CAT ENG CAS FRA  
RECHERCHE
L’objectif global de nos recherches est de comprendre comment la forme se développe dans l’embryon, comment elle est conservé et remodelé à l’âge adulte et comment elle peut être dérégulé dans le cas d’une maladie.
CELLULES SOUCHES ET CELLULES SOUCHES CANCEREUSES


Laboratoire Ruiz i Altaba

La biologie des cellules souches, au cours du développement normal ainsi que dans le contexte d’une maladie, est le principal centre d’intérêt du laboratoire. Le cerveau, tout comme les autres organes, possède des cellules souches adultes spécifiques qui sont impliquées dans le maintien des tissus, dans la réparation tissulaire suite à une blessure et dans le vieillissement. Nous adhérons à la définition des cellules souches comme étant des cellules capables de s’auto-renouveler et de donner naissance à un ou plusieurs types de cellules plus spécialisées. Par exemple, dans le cerveau, les cellules souches neurales peuvent donner naissance à des neurones, des astrocytes et des oligodendrocytes ; quant aux cellules souches situées au bas des cryptes de Lieberkühn, elles sont à l’origine de l’intégralité de l’épithélium intestinal.

Nous nous efforçons d’élucider les mécanismes qui controlent l’auto-renouvellement et confère le caractère « souche » à certaines cellules à un moment donné et dans des circonstances précises. Le caractère « souche » est de notre point de vue une propriété que nous devons suivre fonctionnellement pour obtenir des données sur ses conséquences sur le comportement et le destin cellulaire. Nos efforts ont principalement porté sur les cellules souches neurales de la zone sous-ventriculaire du ventricule latéral du prosencéphale. Nous nous intéressons également aux autres cellules souches adultes dont celles de l’intestin, ainsi qu’aux cellules souches embryonnaires. Par ailleurs, l’étude du caractère souche des cellules inclut également une compréhension de comment une cellule adulte différenciée peut être reprogrammée pour acquérir des caractéristiques semblables à celles des cellules souches embryonnaires.

D’autres études complémentaires portent sur la biologie des cellules souches cancéreuses, particulièrement dans les contextes de glioblastomes, mélanomes, et cancer de colon. Il s’agit de cellules de la tumeur qui portent le caractère souche et qui sont capables de s’auto-renouveler. De plus, ces cellules ont la capacité d’induire une nouvelle tumeur, ce qui suggère qu’elles pourraient être responsables des cas de récurrence tumorale ainsi que des métastases. Alors que beaucoup d’efforts ont été consacrés aux traitements des cancers locaux, avec quelques succès, peu de solutions sont proposées pour traiter efficacement les métastases.

Nous soutenons l’idée que la compréhension du comportement des cellules souches au cours du développement normal, dans l’homéostase tissulaire, et dans les cancers peut éclairer l’ensemble de la biologie des cellules souches et ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques. Les efforts du laboratoire se concentrent sur les mécanismes permettant aux cellules souches cancéreuses d’une part de s’auto-renouveler, de maintenir et de faire croître la masse tumorale, et d’autre part de générer des métastases dans des organes distants.

Un axe majeur d’étude dans notre laboratoire concerne la fonction et la logique (?) de la voie de signalisation HEDGEHOG (HH) – GLI. Il s’agit d’une voie de signalisation intercellulaire par laquelle les cellules communiquent afin de déterminer leur position, leur destin et leur comportement. Durant la dernière décennie, nous avons ouvert la voie de la compréhension de la fonction des facteurs de transcription GLI dans les cellules de vertébrés et dans les tumeurs humaines, aboutissant à des concepts nouveaux tels que le « code GLI » et son intégration des signaux HH et non-HH. Nous avons également proposé un model de progression tumorale basé sur l’action morphogénétique de GLI1 et l’augmentation de sa fonction par des évènements oncogéniques ou par la disparition d’événement anti-tumorigéniques. De fait, plusieurs axes de recherche au laboratoire concourent à analyser les interactions de la voie HH-GLI et du code GLI avec d’autres voies de signalisations importantes et des événements oncogéniques tels que la perte de p53, la voie RAS-MEK/AKT, et l’activation des voies BMP et WNT.

L’un des objectifs à long terme est de développer un cadre conceptuel pour comprendre la myriade d’événements dans le développement et le cancer. De plus, nous sommes impliqués dans le développement de molécules inhibitrices de ces voies de signalisations à des fins thérapeutiques.